02Ce que le cortisol fait à votre cerveau pendant le test
La recherche en neurosciences cognitives a bien documenté l'impact du cortisol sur le fonctionnement cérébral sous stress aigu. Trois mécanismes principaux entrent en jeu.
Le cortex préfrontal mis hors-ligne
Le cortex préfrontal (CPF) est la région du cerveau responsable des fonctions exécutives : planification, inhibition des réponses automatiques inappropriées, flexibilité cognitive, mémoire de travail. Ce sont, point par point, les fonctions que le test psychotechnique évalue.
Les travaux d'Amy Arnsten (Yale, 1998 puis 2009) ont montré qu'un stress aigu déclenche une cascade moléculaire qui réduit la connectivité fonctionnelle du cortex préfrontal. Le cerveau, en mode survie, bascule vers des structures plus primitives et réactives - l'amygdale, les ganglions de la base - au détriment du traitement élaboré assuré par le CPF en situation calme.
En d'autres termes : sous stress fort, vous devenez réactionnel là où le test exige que vous soyez réfléchi.
La mémoire de travail saturée
La mémoire de travail - capacité à maintenir et manipuler plusieurs informations simultanément pendant quelques secondes - est l'une des ressources cognitives les plus sollicitées par les épreuves psychotechniques (double tâche, suivi d'une séquence, anticipation d'un signal).
Sandi & Pinelo-Nava (2007, Reviews in the Neurosciences) ont montré que le cortisol, à concentration élevée, interfère directement avec les mécanismes de potentialisation synaptique dans l'hippocampe et le CPF : la capacité de la mémoire de travail s'effondre. Vous oubliez le début d'une séquence avant d'en avoir traité la fin. Vous perdez le fil.
Le temps de réaction paradoxalement allongé
On pourrait penser que l'adrénaline, en vous mettant en alerte maximale, accélèrerait vos temps de réaction. C'est vrai pour des tâches simples et purement motrices. Mais les tests psychotechniques mobilisent des temps de réaction de choix : il faut réagir vite, mais à la bonne information, et inhiber les réponses au distracteur.
Starcke & Brand (2012, Neuroscience & Biobehavioral Reviews) ont montré que le stress aigu allonge les temps de réaction de choix, augmente les erreurs de commission (répondre quand il ne fallait pas) et réduit la capacité à inhiber des réponses automatiques. C'est exactement ce qui fait perdre des points dans une épreuve de vigilance ou de réactivité sélective.